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2006-04-22

Luchino Visconti - Mort à Venise

Il y a quelques années j'ai adoré ce film ...
Je rapporte l'intégralité de l'édition d'un blog intéressant au sujet de ce film

Silvana Mangano, muette, impériale, Dirk Bogarde, sublime, malgré une démarche un peu trop saccadée (et un effroyable doublage en français), en Charlus dont le rimmel coule sous le soleil de Venise menacée par le choléra, et Tadzio (Bjorn Andresen), l’enfant solaire qui, lui non plus, ne prononce pas un mot, mais se prête avec toute la cruelle insolence de la beauté à cette passion funeste qui tue Aschenbasch.

Aschenbasch, on le sait, c’est Thomas Mann, Gustav Mahler et Luchino Visconti confondus. Dans le roman, le personnage est écrivain, Visconti en a fait un compositeur, tourmenté, à la fois par sa création et par sa libido. Pour cela, il a autant emprunté au roman éponyme de Mann qu’à sa dernière œuvre, Docteur Faustus, qui était bien, elle, inspirée par un compositeur, Schönberg.. C’est en créant, avec son scénariste Nicola Badalucco, le personnage d’Alfred, conscience esthétique malheureuse d’Aschenbasch, qu’ils eurent l’idée de mêler les deux romans, retrouvant en fait la source même de l’inspiration de Mann.

Qui, aujourd’hui, oserait tourner un film ne comportant nulle véritable action et pratiquement pas de dialogue ? Tous les personnages, et les secondaires par excellence (le directeur de l’hôtel, le garçon de bains) sont plus proustiens que nature, c'est-à-dire viscontiens. Mais il y a aussi, bien sûr, des « personnages musicaux » qui structurent ce film « littéraire », l’adagio de la cinquième symphonie de Mahler et la berceuse funèbre de Moussorgski, chantée sur la plage par une cantatrice que le réalisateur a rencontrée par hasard sur le tournage. Si vous en avez un peu marre des sorties incontournables de la semaine que celles de mercredi prochain renverront aussitôt aux archives des films qu’on oublie, faites-vous donc une petite séance DVD intimiste avec cette « nouveauté », ce chef-d’œuvre intemporel de 1971. Comme Blabla qui n’est pas pourtant pas un fanatique du cinéma domestique, mais qui avait quelques heures sans livre à passer dans l’avion.

http://blabla.blog.lemonde.fr/blabla/

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